l’amoureuse peinte par Ernest de Saisset
Blaise Cendrars (1887 - 1961)
J'enjambe les idéales, les peurs Certitudes, branquales Dans les dédales Du saut , de ce saut dans le vide, métaphore?,,,,,,,,,,Allez savoir ? Un saut dans le vide avec Agyness Deyn
http://www.reforme.net/dossiers/pacaraut.pdf
Au village, il passait pour un solitaire taciturne et peu avenant. Un bon voisin cependant, mais inutile de lui demander de ses nouvelles : il ne répondait pas. Pas même un haussement d’épaule. Il se disait pourtant qu’il avait été fiancé autrefois.
Il supportait mal les enfants, ne les comprenait pas… Il valait mieux pour René, mon jeune cousin, se tenir à l’écart. Or un jour, trahi par une saute de vent, René fit tomber son cerf-volant dans son potager. Un cerf-volant qu’il avait fabriqué, fignolé, il en avait les larmes aux yeux. Il s’arma de courage et alla s’excuser, espérant secrètement que son jouet lui serait rendu. Il pouvait bien y croire, le pauvre ! Il se fit traiter de voyou ne respectant pas le travail des autres, de fainéant et s’entendit dire qu’il ne devait pas compter revoir son cerf-volant qui, de toutes façons, était cassé. René fit l’effort de faire bonne figure et retourna chez lui en marchant calmement. Ce n’est qu’une fois rentré qu’il se précipita sur son lit en hoquetant de pleurs.
Le vieux voisin qui partait pour un pré situé un peu plus haut s’en aperçut et haussa les épaules. Mais le soir, il y repensa et se sentit vaguement mal à l’aise. Il avait confusément l’impression que s’il avait eu des enfants, il n’aurait pas aimé les voir pleurer. Où était-elle maintenant cette trop belle Jeanne ? Était-elle, avait-elle été,
heureuse ? Maintenant il l’espérait, mais il se rappelait lui avoir souhaité mille maux et pour cela aussi, le remords l’envahissait peu à peu.
Aussi le lendemain la tante le vit arriver, l’air emprunté : « Voilà, j’ai rafistolé le cerf-volant du petit… Et puis… J’aurai voulu… Enfin, je voulais m’excuser pour ce que j’ai dit… C’est un brave petit, j’aurai pas dû le faire pleurer… Bon, eh bien voilà, portez-vous bien. » et il repartit avant même que qui que ce soit ait eu le temps de réagir. Bien sûr mon cousin, dut aller remercier. Il se présenta alors que le vieux bonhomme faisait quelques rangements dans une grange. « C’est rien, c’est rien, grommela celui-ci, content que ça t’aie fait plaisir. » Puis il reprit son ouvrage, signifiant ainsi à René la fin de la visite.
L’homme passait maintenant ses journées dans sa grange, d’où sortait des bruits de sciage, rabotage, martelage, mais dont la porte était soigneusement cadenassée. Il y passait maintenant le plus clair de son temps, ne faisant que le strict nécessaire dans son potager et ses champs. Sa ferme qui avait été un modèle d’entretien, prenait petit à petit un air d’abandon. Les soirs, jusque tard dans la nuit, on voyait de la lumière à la fenêtre de sa cuisine.
Aiguillonné par la curiosité, mon cousin se glissa un soir jusqu’à cette mystérieuse fenêtre. A l’intérieur, il vit son voisin, équipé de petites lunettes rondes, penché sur un gros livre. Un vieux livre, lui semblait-il. Il cherchait à deviner ce que cela
pouvait être lorsque que le vieux se redressa, s’étira et le découvrit !
René, sentit son ventre se serrer et s’attendait à tout, sauf à ce qui lui arriva : on lui fit signe d’entrer en souriant. « Tu vois, petit, je relisais la Bible. Je la lisais régulièrement dans ma jeunesse et puis un jour j’en ai voulu à tout et à tous. Et puis j’ai trouvé stupide d’en vouloir à des gens qui n’étaient pour rien dans mes souffrances, même si je n’avais plus envie de parler à qui que ce soit, mais Lui !
Je me croyais trahi, abandonné, et j’ai enfoui ma Bible, cette Bible qui avait appartenu à ma mère, je l’ai enfouie au fond d’un coffre. Vois-tu, je n’ai pas su Lui
parler, ni surtout L’écouter, et je me suis privé du meilleur outil pour cela. Ne fais pas comme moi mon garçon. Ce soir je lisais le livre de Job. Le connais-tu ? » Ce disant il se lança dans un long récit, tout en le commentant. René, d’abord abasourdi fut pris peu à peu par le discours de cet homme qui semblait parfois avoir la larme à l’oeil, et il se promit d’ouvrir la vieille Bible qu’ils avaient aussi à la ferme. « Voilà. Si cela t’a intéressé, tu peux revenir de temps en temps.
Mais pas trop souvent et n’en parle pas trop, j’ai trop pris l’habitude d’être seul. Tu comprends ? » René acquiesça de la tête et regagna sa maison, puis sa chambre sans se faire voir. Il revint effectivement quelquefois écouter les commentaires du vieil homme, lui posant parfois des questions sur un passage lu dans la semaine.
Ce fut le soir du Noël suivant qu’il disparut. Au matin, René trouva un pantin devant sa porte. Il pensa au vieil homme et fut inquiet de ne voir aucun signe de vie. Avec son père, ils poussèrent jusqu’à la ferme. Ils ne trouvèrent personne. La grange était ouverte, pour une fois, mais vide. En poussant les investigations, ils s’aperçurent qu’il était parti en traîneau : comme d’habitude une épaisse couche de neige recouvrait la
région depuis quelques semaines. Il semblait savoir ce qu’il faisait et ne pas avoir de difficultés, René et ses parents rentrèrent et se préparèrent pour l’office. Au village, ils apprirent que des jouets avaient été déposés devant chaque maison abritant un ou des enfants.
Était-ce lui ? Pourquoi ? On lui demanderait quand il rentrerait. Mais il ne rentra jamais. Seul mon cousin pensa régulièrement à lui. Il avait remarqué qu’il
avait emporté sa Bible et avait tout de suite compris qu’il ne reviendrait pas. Il en eut de la peine mais se consola avec le souvenir des soirées passées.
Des années plus tard, nous avions à notre tour les cheveux blanc, René me dit avoir rencontré son vieux voisin bougon. Il ne l’avait pas reconnu tout de suite, dame, en costume gris sous un manteau de laine noire, rasé de frais, se fondant dans la foule… Il l’aborda malgré tout et se nomma. C’était bien lui, heureux de retrouver son ancien complice. Ils s’assirent à une terrasse et le vieux solitaire raconta : l’amour trop longtemps enfoui, le plaisir des enfants, même si, à chaque fois, la tristesse de ne pas en avoir eu le pinçait. Ils se serrèrent longuement la main et se séparèrent.
Et oui dans trois semaines environ nous serons arrivés à Noël et qui dit Noël dit crèche bien évidemment.
Alors en voilà quelques unes, des adorables, des mignonnes, des insolites, au moins une moderne, à chacun la sienne, autant choisir.
La mienne commence sérieusement à dater, elle a une trentaine d'années, j'ai voulu la changer mais rien à faire, mes filles y sont très attachées, et maintenant mon petit fils l'aime beaucoup aussi, comme çà il peut faire tourner le petit berger pour entendre la petite musique.
Je rajoute tous les ans un petit quelque chose et même si elle reste banale, elle est au moins personnalisée.
Vous fais de gros bisous à tous en espérant que la santé va bien .
Vous avez remarqué le temps ? Autant rester chez soi au coin d'un bon feu si on a une cheminée, ou le radiateur comme moi, qui n'a hélas pas de cheminée, mon grand regret.
BOF,,,,,,lol

http://www.reforme.net/dossiers/khourdifi.pdf
Les bûcherons qui habitaient à la périphérie des villes et villages vivaient confortablement car la visite d’un arbre ayant besoin de faire rafraîchir son feuillage n’était pas rare.
Mais ce n’était pas le cas de Paulus, pauvre bûcheron qui n’avait que sa vieille scie pour le faire vivre au cœur d’un petit village. Pour nourrir sa femme et ses deux enfants, il bûcheronnait à domicile, élaguant les vieux arbres qui ne se déplaçaient plus. Il marchait parfois des journées entières pour trouver de l’ouvrage.
Dans cette contrée froide, la misère était plus aiguë quand les arbres étaient absents, mais heureusement, ils ne partaient pas bien loin et revenaient vite.
Or, cet hiver-là, deux semaines avant la Noël, les arbres avaient disparu. Paulus s’en inquiéta car il n’avait plus rien dans sa bourse et se demandait comment ils pourraient passer l’hiver, et quel triste Noël s’annonçait à sa famille. Où étaient ils donc partis ?
Or, voici ce qui s’était passé, un nuit de pleine lune. Ce fut Palmier qui engagea la conversation :
- Quel frr quel frrr frroid dans ce pays ! Là d’où je viens…. Mais il s’interrompit bien vite, songeant au mal qu’il avait eu à se faire accepter des autres arbres, lors de son arrivée ici…
Ce serait stupide de jeter à terre tant d’efforts. Mélèze, l’un des plus méchants à l’arrivée de Palmier, prit la branche au bond et demanda :
- Oui, alors ? Là d’où tu viens…
- Ben … Là d’où je viens, le vent est doux et nous secoue les branches doucement, pas comme ce brutal Éole…
- Chhhhhhhh ! intimèrent tous les arbres en chœur qui craignaient Éole, le roi des vents, qui régnait sur le peuple des arbres, imposait son souffle et sa puissance.
- Et puis, continua Palmier sans s’émouvoir, le sable est chaud à nous racines, la mer chuchote un chant mélodieux, nous procure un air sain et revigorant.
- Moi, ça me donne bien envie d’y aller, chuchota Bouleaute, la femme du Bouleau.
- T’es pas folle, c’est diablement loin ! s’écria son mari.
Un silence se fit parmi les arbres, ne laissant entendre que le bruissement léger des feuilles, signe d’une intense concentration. Emmène-nous, cela nous fera le plus grand bien ! dit Chêne. Nous laisserons passer le rude hiver qui attaque notre écorce et endommage nos feuillages. Puis, à la belle saison, nous reviendrons, en pleine forme, gorgés de soleil.
Les arbres, ravis de l’avis de Chêne, le plus respecté d’entre eux, applaudirent de toutes leurs feuilles, créant un joyeux brouhaha. Un vote fut décidé. Les arbres baissèrent leur pointe jusqu’à terre, en signe d’assentiment. Seule Épicéa ne bougea point. Elle expliqua qu’elle ne voulait pas laisser seules ses trois petites pousses.
Le vieil arbuste de Houx, qui s’était approché, proposa de les garder. Il ne serait pas du voyage. Mais Épicéa ne voulait rien entendre. Les arbres partirent donc au soleil. Ils profitèrent d’une visite d’Éole à son ami Blizzard pour s’enfuir. Au matin, le dieu qui se leva tard, ayant abusé d’hydromel, découvrit avec surprise la disparition des arbres. Du ciel, il voyait la contrée entière, mais d’arbres point. Il interrogea Épicéa qui ne vendit pas la branche. Vieux Houx, lui, fit tout simplement la sourde feuille.
Le dieu du vent entra alors dans une colère terrible. Vieux Houx et Épicéa protégèrent de leurs branches les petits qui criaillaient de froid. Le sol gelé leur refusait la nourriture indispensable, le vent les glaçait. Paulus passa à ce moment sur le chemin recouvert de neige. Il grelottait lui aussi et fut attiré par les gémissements des petits. Il questionna Épicéa :
- Que se passe-t-il ? Pourquoi es-tu seule ? Où sont les autres arbres ? Vous vous tenez chaud, d’habitude, en hiver ! Là, toute seule, tu va mourir !
Seul l’humain qui en était digne pouvait entendre la voix des arbres. Et voici ce que Paulus entendit, dans le soir tombant, sous les flocons tourbillonnants :
- Je ne suis pas seule : vois ! Vieux Houx est près de moi. Et puis j’ai mes petits. Les autres arbres ont migré au chaud. Ils s’en reviendront au printemps.
- Vous ne pouvez pas rester ainsi, dit Paulus. Venez, vous vous réchaufferez dans ma chaumière.
La surprise fut grande pour les deux fils de Paulus. Ils se tinrent tout d’abord silencieux, puis se firent à la présence des arbres. Ils se disputèrent une pomme bien rouge. Ils hurlaient tant que Paulus dut intervenir. Il leur confisqua le fruit et le posa sur la pointe d’Épicéa, hors de portée des enfants.
Le sapin fit de tels efforts pour garder cette pomme en équilibre, que la femme de Paulus l’attacha d’un ruban rouge.
- Vous aurez cette pomme, que vous partagerez, à Noël.
- Comme il est joli, notre Sapin ! dit l’aîné.
- Oh oui ! Décorons-le ! dit le petit.
Ils décorèrent Épicéa de pommes et de gâteaux. Celle-ci était ravie que l’on s’occupe ainsi d’elle et les petits, réchauffés, battaient des branches, frémissaient des épines.
Quant à Vieux Houx, il était paré de ses naturelles boules rouges.
La nuit de Noël dans la chaumière de Paulus ne fut à nulle autre pareille. Ils inventèrent même une chanson à la gloire de leur beau sapin. Les enfants ne mangèrent qu’un gâteau et une pomme chacun, laissant les autres en décoration.
Épicéa, ses enfants et Vieux Houx restèrent encore jusqu’aux beaux jours. La séparation fut un peu triste, mais ils se promirent de se retrouver l’hiver suivant.
Lorsque Paulus raccompagna Épicéa, Vieux Houx et les trois petits, les arbres étaient revenus, comme prédit, hilares et gorgés de soleil. Pour les punir, Éole leur fit perdre leurs feuilles, et pour les empêcher de recommencer une telle fugue, ancra leurs troncs profondément dans le sol, inventant les racines.
Depuis ce jour, dans nos contrées, on voit des forêts de chênes, de bouleaux de mélèzes qui perdent leurs feuilles en hiver. Quant au sapin et au houx, pour être restés, Éole les autorisa à conserver les épines et leur verdure pour leur tenir chaud durant les hivers rigoureux.
Ce qui ne les empêche pas, à Noël, de venir se réfugier dans chaque foyer où on voudra bien lui offrir un coin de cheminée et quelques boules rouges pour le décor
er.Quaaak ! Au moins ceux -ci ne te feront pas grossir maman odette,,,mdr
l’amoureuse peinte par Ernest de Saisset
Blaise Cendrars (1887 - 1961)
Aglaé à fait ressurgir en moi toute une période que j'ai vécu pleinement avec Jenny, ma fille qui à l'âge de 6ans est entrée dans une école sport/études de patinage artistique!!!, et ce jusqu'à 10 ans. Elle était à rude école, car tous les jours sans exception, il fallait être sur la glace à 7h00 du matin, le midi et le soir. Je l'ai accompagnée à chaque fois pour toutes ses compétitions à travers la France, elle s'entrainait dur pour une fillette de 9 ans, elle à même terminée 1ère au championnat de France à Nice en 99 dans la catégorie Minime !Mais c'était sans parler de toutes ses blessures, cheville foulée, ampoules aux pieds, un jour elle s'est mal réceptionnée et elle est tombée le devant de la cuisse droite sur l'arrière de la lame de son patin gauche, résultat ,un joli trou.... et j'en passe, des chutes et des chutes de plus en plus blessantes autant physiquement que moralement, mais elle se relevait ,essuyant une larme et s'élançait à nouveau sur la glace comme pour affronter sa peur, sous les regards noirs de ses 3 entraineurs, malgré tout elle arrivait à assumer le patin, l’école, les devoirs mais il n'y avait guère de place pour les copines et le temps libre, et puis un jour, c’est la blessure de trop, celle qui fait que l'on arrête tout, tout de suite, car le genoux gauche ne supporte plus les sauts à répétition, et, telle une grande personne Jenny à décidé elle même de tout arrêter, sans un regret ni remord, sans même se retourner, elle à rangé ses patins à jamais au fond du placard .Aujourd'hui encore elle garde le sens de l'effort, de se lever tôt pour aller travailler. Nous ne reparlons jamais de cette période, elle est enfouie à jamais dans nos ♥!

Cher Kevin
Je me sens très malheureux, parce qu'il me semble bien que cette année, je ne serai pas capable de planter mes patates au jardin. Je suis trop vieux pour pouvoir creuser et retourner la terre du carré de jardin. Si tu étais ici, tous mes problèmes seraient résolus. Je sais que tu creuserais et retournerais la terre du carré pour moi.
Avec amour,
Papa
Quelques jours plus tard, il reçut une lettre de son fils :
Cher papa,
Pour l'amour du ciel, papa, ne creuse pas dans le jardin, c'est là que j'ai enterré les CORPS.
Avec amour,
Kevin
A 5:00 AM, le matin suivant, une nuée d'agents de la police fédérale accompagnés du DIV de la police locale et de la protection
civile arrivèrent et se mirent à creuser tout le carré du jardin sans trouver aucun cadavre.
Dépités, ils s'excusèrent auprès du vieillard et quittèrent les lieux.
Le même jour, le vieil homme reçut une autre lettre de son fils :
Cher Papa,
Vas-y, maintenant, tu peux planter tes patates. C'est le mieux que je puisse faire dans ces circonstances.
Avec amour,
Kevin